GE86 - Entraide généalogique dans la Vienne

Extraits des Affiches du Poitou

Evénements divers

Evénemens
Le 21 Février dernier on a ressenti à Nyort, entre midi & une heure, une légere secousse de tremblement de terre.
Le 14 Mars, on a tué au village des Coudrets, près Civray, une Genette, qui a été envoyée à Paris pour être présentée à M. le Comte de Buffon. Voy. nos Feuilles des 10 Février & 3 Mars 1774.
Dans le mois dernier, une femme de la paroisse de St Macoux, près Civray, acoucha d'un garçon & quatre jours après, d'une fille.
Pierre Reneaume, journalier, âgé de plus de 80 ans, & Marie-Anne Augier sa femme, âgée de 78 ans, mariés depuis plus de 50 ans, sont morts tous deux le 17 du mois dernier, à l'Hôpital de Partenay.
ADP, n° 15, du 13 avril 1775, page 64
Commentaire : Je n'ai pas trouvé de naissances correspondantes sur les registres paroissiaux de St Macoux entre le 1er janvier et le 13 avril 1775.

Marguerite d'Ecosse et l'Abbé perséverant – HISTOIRE Thouars

NOTE HISTORIQUE
En réparant il y a quelques semaines le pavé de l'Eglise de l'Abbaye de St Laon, en la ville de Thouars, on a découvert le Tombeau de Marguerite d'Ecosse, Dauphine de France, premiere femme du Roi Louis XI. Il est dans un caveau, au pied de l'Autel de la Vierge ; la voûte du caveau est bien faite. Cette Princesse est dans un cercueil de plomb, élevé sur un mur bâti en croix, d'un pied & demi. Comme ce cercueil est crevé, on y voit les tristes dépouilles de cette Princesse, comme tête, bras, pieds, jambes. Il n'y a aucune inscription ; ce qui paroit extraordinaire.
L'Histoire Manuscrite de la ville de Thouars, dont nous avons déja parlé & dont nous possédons une copie, nous met à même d'éclaircir cette Note ; voici ce qu'on lit dans le Manuscrit :
"Marguerite étoit fille aînée de Jacques I, Roi d'Ecosse ; Louis l'avoit épousée à Tours, en 1436, n'étant encore que Dauphin. Il n'en eut point d'enfans & la perdit avant d'être Roi. Pendant qu'il étoit mal avec son père (Charles VII,) & retiré en Bourgogne, il fit quelques voyages à Thouars. Cela donna occasion à la Dauphine de connoître Nicolas Gadard, lors Abbé de St Laon, & de fonder en son Eglise une Chapelle pour six cens écus d'or ; cette libéralité ne câdroit gueres à sa situation présente, & à celle de son mari fugitif de la Cour & vivant aux dépens du Duc de Bourgogne. Néanmoins elle pria Gadard de faire construire la Chapelle à ses frais, & pour assurer son payement elle lui déposa un livre de prieres qu'on nomme vulgairement des heures, horas quasdam speciosissimas : ce sont les termes de la Chartre. Gadard sur la parole de la Princesse, dont les heures étoient plutôt le signe que le gage, fit bâtir la Chapelle, qui est celle qu'on nomme présent Chapelle de la Vierge. La Dauphine étant décédée en 1445, (le nouveau Dictionaire Historique dit qu'elle mourut en 1444 ; âgée de 26 ans.) Ce fut d'abord assez inutilement que Gadard fit des démarches pour être payé du prix de la fondation. Enfin les ayant réitérées en 1459, Charles VII lui donna des Lettres Patentes, par lesquelles il confirma la donation, & ordona le payement des six cens écus d'or ; moyénant quoi les heures furent retirées. Cependant la Dauphine avoit été inhumée à Châlons-sur-Marne, où elle étoit décédée ; & non ne s'étoit point encore avisé de satisfaire au désir qu'elle avoit marqué par son testament d'être enterrée à Thouars. Mais Gadard qui n'avoit reçu que la moitié de ce qui lui étoit dû en recevant l'argent, sollicita tant Louis XI, qu'en 1479, (le 7 Octobre,) il fit expédier une commission pour l'y faire transférer. (Cette commission est dans le Manuscrit que nous copions. L'Auteur qui l'a trouvée dans les Archives de l'Abbaye de St Laon, l'a insérée dans son ouvrage, pour apuier ce fait, dont beaucoup de persones, dit-il, doutoient dans la ville de Thouars même.) Il paroît par le procès verbal qui fut dressé en exécution de ces Lettres, que l'Abbé acompagné de ses Religieux, & suivi d'un grand cortege de Noblesse, partit de Thouars le 19 du mois d'octobre : qu'à son arivée à Châlons, les Chanoines de l'Eglise Cathédrale refuserent d'abord sous différens prétextes, de rendre le dépôt ; mais que l'Eveque s'étant rendu de la campagne où il étoit, les engagea à se soumettre à la volonté du Roi. Ainsi Gadard se chargea du Corps de la Dauphine, qui fut mis sur un char de drap d'or, dont les chevaux étoient caparaçonés de velour noir. Le Convoi ariva à Thouars le 13 Novembre, précédé de tous les Ordres de la ville qui avoient été au devant jusqu'aux limites de la banlieue ; & après un Service Solemnel où l'Abbé officia pontificalement, on déposa le Corps de la Princesse dans un caveau, sous la Chapelle qu'elle avoit fondée. Le Service continua encore solemnélement pendant trente jours ; & Gadard déja vieux ne survêcut que de quelques moins à la consommation de cette afaire qu'il sollicitoit depuis 34 ans. Il fut le dernier Abbé Régulier de St Laon, (Ordre de Ste Génevieve.) C'est son Tombeau qu'on voit dans le Sanctuaire de celle Eglise, sous une petite arcade, du côté de l'Evangile".
On assure que Marguerite avoit beaucoup d'esprit & aimoit les Gens de Lettres. Tout le monde sait l'anecdote du baiser qu'elle donna à Alain Chartier, Poête célebre de son temps.
ADP, n° 17, du 25 avril 1776, page 66

Pont sur la Sévre Société

Lettre écrite des environs de l'Absie.
Il faut annoncer le service important qu'un particulier de cette contrée a rendu au public l'hiver dernier. Nous sommes sur la grande route de la Rochelle & Fontenay-le-Comte, à Thouars & Saumur. Depuis long-temps cette route étoit devenue très-difficile, par les fréquents débordements de la petite riviere de Sèvre-Nantaise, (ainsi appellée, parce qu'elle coule vers Nantes, & pour la distinguer de la Sévre qui coule à Nyort jusqu'à Marans,) qui passe à la Chapelle-Seguin, & sur laquelle il y avoit un mauvais pont, propre seulement aux gens de pied, & entièrement dégradé par l'innondation du 26 Décembre 1771. Le débordement des eaux a creusé extraordinairement la rivière dans cet endroit, qui est profond. On en pouvoit plus passer sur ce mauvais pont, formé d'une seule planche, sans risquer de périr ; un soldat d'une recrue qui y avoit passé récemment, s'y étoit même noyé, en voulant empêcher que le cheval de son Capitaine ne fût entrainé par les eaux, & personne n'avoit ové le secourir à cause du danger. M. Biraud, Notaire Royal à Létoriere, & Procureur Fiscal des Terres de Chantemerle & d'Appelvoisin, la premiere appartenant à M. le Duc de Cossé, & l'autre à M. le Marquis de la Rochedumaine, à fait construire à ses frais un nouveau pont sur cette même riviere, un peu au dessous de l'ancien, & sur son propre terrain. On y passe actuellement à cheval & en voiture, librement & avec sûreté. On peut espérer qu'il n'y arrivera plus d'accidents ; le Public, qui connoit le prix de ce service, fait très-bon gré à M. Biraud de sa générosité.
ADP, n° 26, du 1 juillet 1773, page 103

Réglementation sur les jeux Société

POLICE
Sentence, du 23 Juin 1773, qui, en renouvellant les Règlements précédemment rendus, fait défenses à toutes personnes tenant Billards, Jeux de Paume & autres tolérés ; Traiteurs, Cabaretiers, Caffetiers & Limonadiers, de donner à jouer ni à boire après huit heures du soir dans l'hiver, & neuf heures dans l'été, même de donner à jouer aux dés & aux cartes, à quelques jeux, & heure que ce puisse être ; & à toutes personnes de quelque état & condition qu'elles puissent être, de jouer ou de donner à jouer, soit dans les maisons particulieres ou ailleurs, à aucun Jeu de hazard, sous quelque dénomination qu'ils soient compris, & notamment au trente & quarante, & au vingt-un, & autres jeux prohibés, sous les peines portées par les Ordonnances.
ADP, n° 28, du 15 juillet 1773, page 109

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