GE86 - Entraide généalogique dans la Vienne

Extrait des « EDITS ET ARREST CONCERNANS LA RELIGION P REFORMEE 1662-1751
http://archive.org/details/ditsdclarations00unkngoog

Déclaration du Roy du 20 Février 1680, portant défenses à ceux de la R.P.R de faire des fonctions de Sages-Femmes

Louis par la grace de Dieu, Roy de France et de Navarre : A tous ceux qui ces Présentes Lettres verront, Salut. Nous avons été informés qu’il se commet beaucoup d’abus par ceux de le R.P.R de l’un et de l’autre sexe, qui se mêlent d’accoucher et faire les fonctions de Maîtresse Sages-Femmes, dans l’étendue de notre Royaume, en ce que suivant les principes de leur Religion, ne croyant pas le Baptême absolument nécessaire, et ne pouvant pas d’ailleurs ondoyer les enfans, parce qu’il n’est libre qu’aux Ministres de baptiser, et même dans les temples, quand il arrive que les enfants sont en péril de la vie, l’absence desdits Ministres, ou l’éloignement des temples causent souvent leur mort, sans qu’ils ayent reçu le Baptême ; qu’il arrive encore que lorsque lesdits de la R.P.R sont employés à l’accouchement de femmes Catholiques, quand ils connoissent qu’elles sont en danger de la vie, comme ils n’ont pas de croyance aux Sacremens, ils ne les avertissent pas de l’état où elles se trouvent ; en sorte qu’elles meurent sans que lesdits Sacremens leur ayent été administrés. A quoi voulant pourvoir et empêcher en même tems, que les enfans illégitimes dont on cache la naissance, et dont l’éducation est ordinairement confiée à ceux qui accouchent les mères, s’ils font profession de la R.P.R ne les instruisent dans ladite Religion, bien que les Pères et Mères fasseny profession de la Religion Catholique, Apostolique et Romaine : A ces causes et autres à ce nous mouvans, de l’avis de nôtre Conseil et de notre certaine science, pleine puissance et autorité Royale : Avons dit et déclaré, disons et déclarons par ces Présentes signées de notre main, voulons et nous plait ; qu’aucunes personnes de quelque sexe que ce soit, faisant profession de la R.P.R ne puisse dorénavant se mêler d’accoucher dans notre Royaume, Pais et Terres de notre obeissance, des femmes, tant de la Religion Apostolique et Romaine que de la R.P.R leur faisant très expresses inhibitions et défenses de s’y immiscer, à peine de tois mille livres d’amende, et d’être procédé extraordinairement contre les contrevenants ; et ce faisant avons dérogé et dérogeons à l’Art. XXX de notre déclaration du premier jour de Février 1669 par laquelle nous avons ordonné que nos sujets de la R.P.R seront admis et reçus à tous les Arts et Métiers dans les formes ordinaires des Aprentissages et Chef-d’œuvres dans les lieux où il ya Maîtrise : Si donnons en mandement à nos Amés et Feaux Conseillers, les Gens tenans notre Cour et Parlement de Paris, Baillifs, Sénéchaux, et à tous autres nos Justiciers et Officiers qu’il appartiendra, que cesdites Présentes ils ayent à faire lire,publier et enregistrer purement et simplement, et le contenu en icelles exécuter, garder et observer selon leur forme et teneur, nonobstant tous Edits, Déclarations, Arrêts et Réglementsà ce contraires ; Enjoignons à notre Procureur général et ses substituts, de faire pour l’accomplissement de notre intention , toutes les poursuites et réquisitions nécessaires, et à tous nos Sujets de donner avis aux Juges des lieux de contraventions qui pourront être faites à cesdites Présentes : Car tel est notre bons plaisir ; En témoin de quoi nous avons fait mettre nôtre scel à ces dites Présentes. Donné à saint Germain en Laye le vintième Février de l’an de grace mil six cens quatre-vingt, et de notre regne le trente septiéme
Signé LOUIS
Registré à paris en Parlement le 29 Mars 1680
Signé JACQUES

 

Commentaires   

#2 Jean-Paul BOUDAULT 28-01-2013 10:58
Extrait du "Rituel du diocèse de Poitiers" (1766) p68 :
Il est d'une extrême importance que des sages femmes soient instruites de ce qui concerne leur ministère, il s'en acquittent fidèlement puisque la vie des femmes et des enfants, et quelquefois même le salut éternel de ces derniers en dépend. C'est pour cela qu'il leur est défendu très expressément de s'ingérer dans la fonction d'assister les femmes dans leurs couches, jusqu'à ce qu'elles aient été interrogées sur la matière et la forme du baptême, par les curés et les vicaires.
On n'admettra aucune femme pour exercer cet emploi, si elle ne se présente avec les permissions ou approbations nécessaires des médecins, chirurgiens-jurés ou officier de police, qui attestent son habilité dans les fonctions de sage-femme, ou si elle n'a pour elle le choix formel ou présumé des femmes de la paroisse ; et lorsqu'elle aura été ainsi approuvée ou choisie, le curé s'assurera premièrement de sa vie et de ses mœurs ; il examinera particulièrement, si elle fait profession de la religion catholique, apostolique et romaine, suivant les ordonnances de nos Rois, qui ont interdit cet emploi aux personnes de toute autre religion ; il s'informera si elle n'est point soupçonnée de superstition, de maléfice, ou de quelque crime que ce soit ; il l'interrogera sur la manière de baptiser, et si elle l'ignore, il prendra soin de l'en instruire, avant de l'admettre.
Ensuite il l'avertira de ses devoirs, lui enjoignant surtout de ne jamais baptiser des enfants que dans une nécessité pressante, et même de ne le pas faire dans ce cas en présence d'un prêtre, ou de quelque homme que ce soit, qui sache administrer ce sacrement ; si ce n'est dans les circonstances où la pudeur ne pourrait souffrir la présence d'un homme. Il lui recommandera de ne baptiser, autant qu'il sera possible, qu'en présence de deux personnes, d'avertir les père et mère dont les enfants naîtront en bonne santé de les faire baptiser au plutôt, et de l'informer de leur naissance. Il lui fera faire ensuite le serment ordinaire, qu'elle lira à genoux posément et distinctement, mettant la main droite sur le saint Évangile : si elle ne sait pas lire, le curé aux vicaires lira, et elle répétera après lui mot à mot.
#1 Gloria Godard 19-01-2013 19:52
Bonjour Jean-Pierre, Claude, Brigitte, Sophie et les autres,
Merci Jean-Pierre pour ce texte que je ne connaissais pas.
Claude tu as raison bien sur,longtemps la motivation n'a été que religieuse.
Mais nous sommes en 1785, la France a pris conscience de l'étendue des dégats, mortalité maternelle, mortalité infantile, délabrements obstétricaux, et le métier de sage-femme évolue et ô combien.
Tout démarre dans notre pays, à l'initiative de l'une d'entre elles, Madame Du Coudray, sage-femme royale, qui munie d'une recommandation de Louis XV, parcourt la France à partir de 1759, pour enseigner les sage-femmes.
Elle passe dans le Poitou avec sa « machine » en 1764.
C'est l'obstétricien Maury qui prend le relais de l'enseignement sur Poitiers.
Voilà le texte d'une des affiches sur l'enseignement des sage-femmes dans le Poitou. Nous sommes en 1788.

Le succès des instructions données gratuitement aux femmes de la campagne qui se destinent à la profession d'accoucheuses ne peut que nous engager à soutenir un établissement aussi utile. Nous annonçons en conséquence que le cours qui doit avoir lieu cette année à Poitiers en faveur des Elections de Poitiers, Confollens,Chatellerault, Thouars et Saint Maixent sera ouvert à l'ordinaire dans la maison de Sieur MAURY chirurgien démonstrateur chez lequel se présenteront munies de certificats de bonnes moeurs avec leurs extraits de baptème délivrés par le curé ou vicarie de leur paroisse toutes les femmes des dites Elections qui désirent venir y prendre des leçons selon la méthode de Dame Ducoudray

Les élèves sont recrutées par les curés et envoyées en cours, l'enseignement dure un mois.
A leur retour, elles prêtent serment auprès du curé bien sur, quelquefois une fête s'organise dans le village, l'occasion d'indiquer aux femmes les personnes compétentes.
Vous trouverez d'autres témoignages dans la base des archives insolites (Archigny, Bonnes, La Chapelle Montreuil )
La révolution poursuit l'enseignement des sage-femmes. Et à Poitiers c'est toujours le bon Dr Maury qui s'en charge. La durée est d'un mois.
Voici le texte de l'affiche qui date de 1791.

« L'homme ne naissant aujourd'hui que pour servir l'état et la société sans autre distinction que celle de ses vertus ou de ses talents, ces titres inaliénables et sacrés doivent intéresser plus que jamais la sollicitude des corps administratifs sur les moyens de veiller à sa conservation. Des expériences funestes ne nous ont que trop justifié l'insuffisance des sage-femmes. On en voit une infinité surtout dans les campagnes qui travaillent aux accouchements sans la plus légère idée des principes sur cet art. Si ces femmes n'ont pas acquis la connaissance des parties de la mère et de l'enfant sur lesquelles elles opèrent, comment peuvent-elles distinguer ces parties pour les traiter avec tous les ménagements qu'exige leur délicatesse ? Le succès des instructions gratuites ci-devant données aux femmes qui se destinent à la profession d'accoucheuse, ne peut que nous engager à protéger et à soutenir de tout notre pouvoir un établissement aussi utile à l'humanité. Nous annonçons en conséquence, que le 15 du moi de Mai prochain, il sera ouvert, en la maison du Sieur Maury, Chirurgien à Poitiers, un Cours Public et gratuit sur l'Art des Accouchements. Ce cours ne durera que l'espace d'un mois. Le démonstrateur éclairé à qui nous en confions le soin, le dirigera d'une manière à ce que le temps soit utilement employé. Les Femmes de ce département, au dessous de quarante années, qui voudront prendre part aux intructions du Sieur Maury, se rendront le 14 du dit mois, munies de certificat de bonne vie et mœurs, délivrés par les Officiers Municipaux de leur paroisses respectives. Il sera pourvu pendant la durée du cours, au logement et à la subsistance des Femmes qui le suivront. Fait à Poitiers, le 15 Avril 1791.

Un médecin de Chauvigny dont j'ai oublié le nom demande aux autorités l'autorisation d'enseigner les sage-femmes, car toutes les postulantes ne peuvent pas se déplacer à Poitiers.

Voici l'affiche de l'an II:

L'Art le plus utile dans un gouvernement libre, est celui qui multiplie et conserve l'espèce humaine. Le bonheur de l'homme n'intéressait pas le despotisme : il y avait toujours assez d'esclaves, il ne saurait y avoir maintenant trop de Républicains : La Société n'est forte que par le nombre. Les législateurs ont perfectionné l'art de rendre l'homme heureux par les Vertus et la Liberté ; perfectionner l'art d'assurer son existence, c'est multiplier les bienfaits de la nature, et consolider leur ouvrage. L'humanité fut trop longtemps outragée par l'ignorance ; trop long-temps la routine meurtrière des Sage-femmes la fit gémir par des expériences funestes. La République a proscrit toutes les erreurs dangereuses ; avec quelle jouissance les hommes Libres ne verront-ils pas propager les principes précieux de l'art de l'Accouchement ! Avec quel empressement nos Femmes Républicaines n'honoreront-elles pas la nature et leur propre sensibilité ! Le Directoire du Département de la Vienne, plaçant au nombre de ses premiers devoirs l'encouragement de tous les établissements utiles à l'humanité, prévient ses Concitoyens, qu'il sera ouvert le premier Thermidor, un Cours public et gratuit d'Accouchement. Ce cours, confié à l'expérience du citoyen MAURY, appelle les Femmes de ce département à servir utilement leur Patrie. Elles seront reçues sur des attestations de leur municipalité, qui constateront leurs bonnes mœurs et leur civisme, pourvu que leur âge ne passe pas quarante ans. Enfin, il sera pourvu pendant le mois qui durera ce Cours, au logement et à la subsistance des femmes qui le suivront. Poitiers 14 Messidor an Second de la République. ….

Salut et fraternité à tous
Gloria Godard

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