GE86 - Entraide généalogique dans la Vienne

(j’ai fait quelques corrections d’orthographe pour que la lecture soit plus agréable)
Le vendredi 22e mars 1641, sur les 8 heures du soir, fut pendue et estranglée, à la place, après avoir fait amande honorable devant la porte de l’église Nostre Dame la Grande, et trainée sur une clie, Massée Belalé, veuve en première noces de Pierre Dehays, cierger, et en seconde de ... Léger, pour avoir fait assassiner ledit Léger dès le mois d’aoust 1630, elle estant hors la ville chez sa mère qu’elle gouvernait au lit de la mort, ce qu’elle pensait qui la couvrirait toujours ; mais enfin, par la permission de Dieu, elle a estée convainque de l’avoir fait faire par le nommé Pépin, chaussetier, et Marie Dehais, non encore femme dudit Pépin et fille de ladite Bellalé, avec aultres leurs adérans ; lesquels, une nuit qu’il dormait, l’assomèrent à coups de marteau et l’estranglèrent, puis lui bandèrent la teste et le portèrent en manière d’un pestiféré, ladite Marie allant devant avec une clochette à la main, qu’elle sonnait, jusques sous la grande archère qui est entre le chasteau et le pont de Rochereuil, luy attachèrent une grosse pierre au col et une semblable aux pieds, puis le jetèrent dans le Clain, où il fust quelques jours, jusques à ce qu’un pescheur ayant jeté sa ligne en ce lieu, le claveau print les habitz du cadavre et parurent à fleur d’eau, et le pêcheur dessendu au bord de l’eau pour dépandre sa ligne, reconneust qu’il y avait un homme. Il en advertit le maire qui estait Me Julien Serizier, qui firent la levée du corps, et là ce trouva ladite Massée, laquelle recogneust son mary et fit sa plainte et sur icelle fust faite information ; mais on ne put descouvrir la vérité, partant furent cessées les poursuites, jusques à ce que le procureur du roy ce soit résollu d’en tirer lumière et faire faire la justice, où ce sont trouvés plusieurs complices tant pour ledit assassin que aultres qui ont estés comis ensuite et conséquance.
(Journal d’Antoine Denesde, marchand ferron à Poitiers et de Marie Barré, sa femme de 1628 à 1687, dans Archives historiques du Poitou tome XV p 100 101)

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