Dans un essai daté de 1916, intitulé « Gentileschi père et fille », Roberto Longhi, célèbre historien de l’art italien, écrit à propos de l’œuvre « Judith décapitant Holopherne » peinte par Artemisia Gentileschi :
« Qui pourrait penser que sous un drap étudié de candeurs et d'ombres glacées dignes d'un Vermeer grandeur nature, pouvait se dérouler une boucherie aussi brutale et atroce (…) Mais –avons-nous envie de dire– mais cette femme est terrible ! Une femme a peint tout ça ? » et il ajoute : « il n'y a ici rien de sadique, au contraire, ce qui surprend, c'est l'impassibilité féroce de qui a peint tout cela et a même réussi à vérifier que le sang giclant avec violence peut orner le jet central d'un vol de gouttes sur les deux bords »
Longhi dit encore à propos de cette peintre née à la fin du 16e siècle, à Rome :« l'unique femme en Italie qui ait jamais su ce que voulait dire peinture, couleur, mélange, et autres notions essentielles… ». « L’unique femme » écrit-il, c’est dire le peu de places que les artistes femmes occupent dans l’histoire. N’ont-elles pas existé, leurs traces ce sont-elles perdues ? L’Histoire est-elle misogyne ?

Emission de la RTBF - Un jour dans l'Histoire
Invitée : Anne Hustache, historienne de l’art

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