Affiches du Poitou – 7 avril 1774 – 30 juin 1774

Vue 18 : http://archivesnumerisees.cg86.fr/v2/ark:/28387/70b903be11a42e2fcc4e094ad0f601c2

Vue 19 : http://archivesnumerisees.cg86.fr/v2/ark:/28387/2cba03c0f2f00d3c6f83e073532049cc

16.05.1774

EVENEMENT

Le 14 de ce mois le tonnerre  tomba en cette ville, chez le nommé Hélie, Bonnetier, rue des Trois Rois, sur une cheminée qu'il perça & lézarda; il coula sur les tuiles de la toiture, endommagea fortement une mansarde en ardoise; delà partant le long des chenaux de fer-b travaillait lanc à une maison voisine occupée par le nommé Vignole, Paveur, il fondit en différents endroits les soudures des tuyaux destinés à recevoir les eaux pluviales, dans une petite cour, auprès de laquelle travaillait sous un apenti le nommé Laveaux, garon Tonnelier, âgé de 18 ans, auquel la foudre brûla le quartier du talon de son soulier du pied droit, d'où passant entre son bas et la jambe, en roussissant le bas, seulement intérieurement & sans blesser la jambe, qu'un peu à la malléole externe, elle brûla la doublure de sa culote,

également sans blesser la cuisse, mais lui enleva l'épiderme du bas-ventre du même côté, & lui brûla le penil sans aucun autre accident; elle sortit ensuite par le devant de sa culote, en lui arrachant un bouton de cuivre qui la tenait fermée & qui se trouva dans son soulier du pied gauche, dont elle déchira le qaurtier sans endommager la peau. La foudre ayant abandonné ce garçon alla casser cinq à six carreaux, à une fenêtre vis-à-vis de lui, dont elle fondit les plombs et passa dans une allée où était le nommé Gouillé, Menuisier à qui elle fit faire une pirouette, en lui causant seulement à une jambe une douleur à peu près pareille à celle qu'on ressent dans les expériences d'un machine électrique. Le garçon Tonnelier fut transporté sur le champ à l'Hôpital des Religieux de la Charité, qui est près de là, où il a été soigné avec toute l' ttention nécessaire; il en est quitte pour la peur et les légères blessures.

 

Nous saisissons cette occasion, pour dire que ces Religieux furent appelé à Poitiers en 1620, par MM. Les Maire, Pairs & Echevins; cinq d'entr'eux s'y établirent et firent bâtir le Couvent ou Hôpital de Saint Louis qu'ils occupent, & y placèrent 12 lits, depuis réduits à 6, à cause de la cherté des vivres & de la modicité de ses revenus; de ces 6 lits qui restent il n'y en a que deux & demi de fondés. Les lettres de confirmation de cet établissement sont du Roi Louis XIV, de 1656, Registrées au Parlement de Paris, le 22 janvier 1657. Ces Relieux se sont toujours portés, avec tout le zèle que l'on devait attendre de leur humanité & de l'esprit de leur institution, à donner aux malades ou infirmes qui leur sont confiés, tous les secours nécessaires, & ils n'ont jamais négligé l'occasion d'être utiles.

 

 

Remarque : Poitiers - Histoire des rues et Guide du Voyageur - page 173
R. Brothier de Rollière
ed. Brissaud 1907

A propos de l'hôpital des Religieux de la Charité

Ce furent les premiers débuts de l'Hôpital général, qui n'étaient à l'origine qu'un simple dépôt de mendicité pour les pauvres infirmes. Mais peu après, le local étant devenu insuffisant, on construisit en 1688 les bâtiments que l'on voit aujourd'hui. ... Depuis la Révolution, l'établissement des hospitaliers a été réuni à l'Hôpital général. En 1889 on rebâtit une partie des construction...

 

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