Le curé répond à ses détracteurs

AdP 04/10-27/12/1787, v.7
Du 25 octobre 1787
Lettre d'un Curé des environs de Civrai, à l'Auteur des Affiches
Monsieur, voilà plusieurs années, M., que vous insérez dans vos Feuilles quelques observations qui m'attirent des censeurs. Cela ne m'étonne pas, parce qu'on ne doit plus espérer de réunir les suffrages de tout le monde : ce qui est approuvé par les uns, est censuré par les autres ; chacun a ses argumens, ses dogmes, ses erreurs & ses illusions ; chaque interlocateur fait valoir son opinion, sur laquelle il n'y aura jamais de méthode.

La ruralité du Curé est mise à l'épreuve. Voici la réponse d'un deuxième médecin.

AdP 04/10-27/12/1787, v.3

Du 11 octobre 1787
Lettre de M. Piorry, Chirurgien en cette ville, & ancien Chirurgien-major des armées navales du Roi, à un Curé des environs de Civrai
J'ai lu & relu, M., avec le plus grand plaisir vos réflexions sur la mort subite d'un Moissonneur, insérées dans la Feuille du 27 septembre dernier. Il faut avouer que vous n'êtes point un critique sévère, & que vous mettez la personne à qui vous répondez d'autant plus à son aise, que vous feignez constamment de ne pas connoître les termes équivoques et pompeux, les phrases suivies, les transitions heureuses, &c., &c. Je ne devin pas votre intention : mais au fait, à quoi bon tant de foin ? Ne suffit-il pas qu'on rapporte les choses ? Peu importe comment ; tant pis pour qui ne les entend pas.

AdP 05/03-28/06/1787, v.21
Du 7 juin 1787
Lettres d'un Curé des environs de Civrai, à l'Auteur des Affiches


Il paroît, M., que mes observations sur le labour d'été ont intéressé plusieurs observateurs : cette heureuse considération m'enhardit encore à vous faire part des entretiens que j'ai eux avec trois Laboureurs de ma paroisse.

L'échange se poursuite ici avec la réponse du Curé, qui défend son point de vue.
AdP 05/07-27/09/1787, v.25
Du 27 septembre 1787
Lettre d'un Curé des environs de Civrai, à l'Auteur des Affiches
Monsieur, la lettre qu'on a insérée dans votre feuille du 30 Août, est la plus capable d'intéresser tout citoyen sensible aux accidens auxquels sont exposés les Moissonneurs. L'Auteur même est digne de toute ma reconnoissance ; mais qu'il me permette de lui faire part de quelques réflexions sur la mort subite des Moissonneurs dont il est question.

AdP 05/07-27/09/1787, v.3
Du 12 juillet 1787
Lettre d'un Curé des environs de Civrai, à un de ses amis


Je vous remercie, mon ami, de votre lettre, qui m'apprend l'heureux dessin d'un jardin de Botanique ; je voudrois que tout le monde aimât les herbes & les bois comme moi ; l'on verroit bientôt la Botanique devenir un amusement, & l'objet de l'attention générale.

Cette lettre d'un chirurgien de Poitiers vient répondre au dernier courrier du Curé.
Elle préfigure un échange houleux entre ce dernier, rural, et le corps médical citadin.
AdP 05/07-27/09/1787, v.17
Du 30 Août 1787
Lettre de M. LEMIT, ancien Élève de l'École royale-pratique de Chirurgie de Paris, & Maître en Chirurgie en cette ville, au Rédateur des Affiches


Monsieur,
la mort subite de plusieurs Moissonneurs, arrivés dans les chaleurs excessives que l'on vient d'éprouver, le peu de secours qu'on leur a portés, la facilité qu'il y a de le faire, une presque certitude de les rappeller à la vie avec un peu de soins, me portent à croire que c'est faute d'instructions & de savoir la manière de s'y prendre dans les personnes qui les entouroient, s'ils ont perdu la vie.

AdP 06/04-29/06/1786, v. 13
Du 25 mai 1786,


Lettre d'un Curé des environs de Civrai, à l'Auteur des Affiches,


Le 28 du mois dernier, à cinq heures du soir, les eaux de la Charente montèrent en un quart d'heure si extraordinairement, que les prairies furent inondées, les meuniers obliger de déloger. Les habitants de Civrai furent étonnés d'une augmentation si subite, et de voir les eaux si rouges et si épaisses, que la consternation et l'effroi se mirent dans tous les esprits ; on s'informa, on apprit que le même jour, à trois heures après midi, il avait tombé dans la paroisse d'Anois, près Charroux, de la grêle de différente grosseur, si dure, si compacte, qu'encore aujourd'hui il s'en trouve beaucoup dans les granges et endroits sombres.

Cette lettre inaugure un échange entre le Curé et des médecins de Poitiers.

Un évènement troublant s'est produit dans sa paroisse, le Curé réagit.

AdP 05/07-27/09/1787, v.15

Du 23 Août 1787

Lettre d'un Curé des environs de Civrai, à l'Auteur des Affiches

Le 8 de ce mois, M., il est arrivé dans ma paroisse un évènement très alarmant.

A deux heures après-midi, on vint à la hâte me prier d'aller dans un champ absoudre & administrer un Moissonneur que la chaleur avoit jeté dans un état mortel.

Aujourd'hui, le Curé s'interroge sur la présence de petites bêtes dans les seigles.


AdP 06/07-28/09/1786
Du 17 août 1786
Lettres d'un Curé des environs de Civrai, à l'Auteur des Affiches


J'ai coutume, M., de vous parler dans cette saison, de Botanique ou d'Agriculture. Je vous dirai cette année, que tous voyons un spectacle magnifique dans nos campagnes ; les plantes y fleurissent & prospèrent ; la récolte des foins a été assez abondante ; Dieu veuille que celle des grains soit égale ! Cependant j'ai été allarmé il y a environ deux mois : je vis dans les champs, des épis de seigle, qui n'étoient pas dans un état naturel, & roulés en forme de cornet ;